Les productions de la Jet Tone sont de deux sortes. Celles de Wong Kar Wai, auteuristes, prêtes à faire le tour des festivals, et celles de Jeff Lau, qui ne sortirons jamais de Chine, mais qui pourtant s'avèrent d'aussi bonne facture dans leur propre registre. Et quand les deux compères coopèrent, malgré leurs univers diamétralement opposés, il y a de forte chance que le résultat soit savoureux. Wong Kar Wai signe ici le scénario, qui à l'instar de toute une partie cachée de son travail de scénariste (que les festivaliers n'oseraient même pas imaginer), prend une allure de farce attachante et originale. Ici, la victime sera le récit de Jin Yong, retouché et caricaturé. C'est d'ailleurs la même année que les cendres du temps réalisé par Wong Kar Wai, déjà adapté du roman Eagle Shooting Heroes, que sort ce film homonyme qui vire cependant dans du mo lei tau qui ravira les amateurs.
Qu'on se le dise, le film est une réussite totale. Une vraie comédie stupide comme l'on en compte peut-être que dix au total. Grâce à ses gags incessant qui s'enchainent à une vitesse incroyable, le film peut prétendre au même statut de The Big Deal. Difficile donc de ne pas adhérer à cet enchainement de gags foireux jouant souvent le comique de répétition et rempli de séquences musicales, de cabotinages over the top et de stupidité profonde. Le rythme ne retombe jamais, l'humour non plus, juste de quoi faire tenir le film sur la durée.
Avec son affiche cinq étoiles réunissant presque tous les acteurs des cendres du temps (Leslie Cheung, Tony Leung Chiu Wai, Maggie Cheung, Tony Leung Ka Fai, Lin Ching Hsia, Carina Lau, Jackie Cheung) auxquels on ajoutera Joey Wang (qui apparaissait déjà dans des scènes coupées des cendres du temps), Veronica Yip et Kenny Bee dans un caméo, impossible de faire la fine bouche. Se retrouver devant ce casting all stars réunissant les plus grands acteurs de l'ancienne colonie ainsi que tous les acteurs fétiches de Wong Kar Wai est un véritable plaisir. Ceux-ci s'en donnent à coeur joie, et en donnent tout autant au spectateur, de la joie.
Si la mise en scène de Jeff Lau fait un peu pauvre esthétiquement parlant, elle n'est pas dénuée d'inventivité et parvient à maintenir un rythme non stop sur quasi deux heures. Avouez que pour une comédie bien grasse made in Hong Kong il fallait le faire. On saluera le travail de l'équipe qui parvient à faire un beau travail. Peter Pau à la photo, le génial James Wong à la musique, quant aux chorégraphies c'est à l'instar des cendres du temps Sammo qui s'y colle. Il est épaulé par Chin Kar Lok pour l'assister. Les deux artistes composent des combats câblées à mort, très souvent accélérées, remplies de fantasies rappelant de manière anachronique le final de Kung Fu Hustle. De quoi vitaminer un film qui n'en avait pourtant pas besoin. Le must reste cependant le goût super kitsch des costumes et des décors, flashy et carton pâte, qui enchainent les délires bien cheap comme en attestent les trois monstres en plastique digne d'un épisode de Bioman.
Pas de doute, Eagle Shooting Heroes est la crème de la crème du mo lei tau. Jeff Lau signe là un incontournable que tout fan de cinéma de Hong Kong ou tout amateur d'humour cantonais se doit de voir. Sans jamais faire retomber le soufflé, le film se montre à la hauteur de ses ambitions. Un régal!
06 septembre 2010
par
Anel
Portnawak 4 étoiles dans le cosmos
Casting all star pour un délire total, certes, mais pour ma part à la ramasse. WKW meets Jeff Lau, c'est un peu comme si, comme si... non, je ne trouve pas de comparaison. Même JCVD avec son grand écart légendaire ne pourrait consolider une passerelle à ce point impossible à construire.
La récré est plaisante pour qui aime cette période et ces stars - y'a tout le monde ou presque qui passe faire coucou là-dedans - mais c'est vraiment trop le bordel tout le temps. Temps qui n'aide pas non plus, il a passé. Les gags sont nazbroks, les acteurs, pourtant des Dieux, jouent comme des grosses buses etc. Seulement voilà, il s'agit de la "crème de la crème" de l'élite d'alors, qui en était une Sacrée. Mais c'est tout pourri, voilà. Bon, j'arrête de blasphémer, je rééssaierai plus tard, dans un état second et via un autre support. Car mon vieux dvd a morflé semble-t-il, et une Maggie pixelisée, même LA Maggie, c'est dur. Reste cette impression assez unique d'assister à un bal divin qui de lui même souhaiterait provoquer l'hermétisme chez ses fans. Caprice ultime et dingue d'un instantané de l'époque.
Ils ont osé
Difficile de décrire ce film,c'est tout et n'importe quoi mais qu'est ce que c'est bien foutu. Du fond du coeur merci à tout ceux qui ont osé y participer pour m'avoir fait vivre une des plus grandes rigolades devant un film.
L'humour est même présent sur la jacquette du DVD où ils n'hésitent pas à inscrire Tony Leung : Best Actor Award of Cannes Film Festival, j'aurais aimé voir la tête du jury devant ce film !
Feu d'artifice
Raconter Eagle Shooting Heroes? Mais pourquoi? Pour qui? Pour ceux qui ne sont pas capables de mettre leur cerveau en veilleuse durant une projection et vont essayer à tout prix de suivre un récit incompréhensible alors que tout ce que demande Jeff Lau au spectateur c'est de se laisser porter par un film dont le ryhtme fait passer les productions Workshop pour du Hou Hsiao Hsien première manière? Parce qu'en échange de cette acceptation Jeff Lau lui rend au centuple ce petit effort. Et que Wong Kar Wai produit ici une parodie totalement assumée des Cendres du Temps moins important cinématographiquement mais bien moins inégale que son modèle: parce qu'ici l'accumulation titanesque de gags fait que le film ne perd jamais son intensité. De la même manière, des années après, Chinese Oddissey 2002 reprendra les qualités mélancoliques d'un In the Mood for Love en enlevant le côté "signature en pilotage automatique" du film de Wong Kar Wai. Du coup, c'est tout le talent du bonhomme que de savoir réutiliser son oeuvre pour proposer le meilleur du divertissement. Mais revenons-en au film. Déjà, c'est un plaisir immense que de revoir le casting des Cendres du Temps rivaliser dans une outrance du jeu qui sert l'humour cantonnais dans ce qu'il a de meilleur et de moins lourd. La réalisation de Jeff Lau n'est pas en reste: avec sa multiplication des cadrages penchés, son accélération des chorégraphies jusqu'à atteindre la vitesse de la lumière, il pousse à l'extrême le style des wu xia pian de la Workshop pour gentiment le ridiculiser.
Mais bon même après quelques lignes, on n'y peut rien, l'envie irrésistible de déflorer un peu le film commence à pointer le bout de son nez. Parce qu'après tout le divertissement à la hongkongaise est bien le plus digne héritier de toute une tradition du roman feuilleton qui mettait ses héros aux prises avec les situations les plus improbables afin de tenir en haleine le lecteur. Et qu'il y a aussi justement un plaisir à évoquer les péripéties d'un roman feuilleton pour donner envie de le lire. SPOILERS D'un début en forme de Conte des Mille et Une Nuits version wu xia pian à l'épisode des tambourins utilisés pour faire bouger un mille pattes situé dans le ventre de la victime, de l'usage foireux par Tony Leung de bottes volantes à celui d'une tête volante comme ballon de foot (Kubrick avait tourné une fin de ce genre pour Full Metal Jacket mais pas osé la conserver au montage, ah le culot hongkongais...), du parachutage en plein milieu du film de monstres ultracheap échappés d'un classique de la Toho à l'incapacité de Brigitte Lin à faire fonctionner correctement ses superpouvoirs, de l'injonction accidentelle de poudre qui transforme Tony Leung en sosie du Roi Singe aux lèvres en saucisse, de la bataille sur le toit qui aboutit à ce que les combattants cassent ses tuiles et fassent ainsi un plongeon mémorable à travers le toit à un final qui pousse encore plus loin le bouchon du délire, FIN SPOILERS on retrouve ici tout ce que le cinéma hongkongais a perdu: LE FEU D'ARTIFICE PERMANENT. Mais outre cela, on peut noter la forte présence des scènes de comédie musicale dans le film qui renvoient autant à Tsui Hark qu'à Bollywood et sont aussi hilarantes que naïves.
Au final, Eagle Shooting Heroes est un must du divertissement à la hongkongaise qui ne laissera personne indifférent: ceux qui cherchent des personnages, un scénario qui tienne d'aplomb pesteront contre le film; ceux pour qui le cinéma est affaire de captiver le spectateur par la seule force du montage ainsi que par la capacité à montrer le jamais vu adoreront. La paire Wong Kar Wai/Jeff Lau a définitivement sa place dans l'histoire du cinéma hongkongais au chapitre du n'importe quoi de qualité.
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Alors là, on touche au degrée ultime du "n'importe quoi" !
Ce film est totalement non-sensique, complétement idiot, niais, absurde, stupide, crétin, naïf, répetitif, tordu, bizzare, étrange ...
L'industrie hk nous a souvent habitué à aller plus loin que toute autre, à explorer la limite des genres. Dans cette optique, on nous livre cette chose filmique inrracontable et aussi ennervante que stupéfiante.
La photographie est splendide, les plans merveilleux, le découpage dynamique, les acteurs nombreux et connus.
Car il faut bien admettre qu'en dehors de leur multitude et de leur celebrité, ils n'apportent rien au film. En effet, le maître mot est de surjouer à outrance en résulte malheureusment la frustration ( Maggie Cheung, la déesse, s'agittant sous l'emprise un centipede dans le bidon, destruction d'un mythe ... ).
Alors ce film ne manque pas d'interêts, mais surtout il ne manque pas de défaults !
A commencer par l'histoire qu'il est impossible à suivre.
Ce film produit et scénarisé par WKW en réponse à l'échec commercial de Ashes of times, est une déception à mes yeux. Ni la parodie escomptée ( Et puis d'ailleurs Ashes of Times est un chef d'oeuvre pourquoi le parodier ), ni même un bon film, tout juste une curiosité malsaine, une vengeance démonstrative de WKW à l'égard de l'industrie hk.
Quand les stars se lâchent...
Vous êtes prêt à assister à un peu moins de deux heures d'un spectacle loufoque et survolté dans lequel le gratin des acteurs locaux fait le pitre ? Si oui, embarquez-vous à bord de cette fabuleuse attraction produite par Wong Kar-Wai et réalisée par un Jeff Lau qui renvoie Stephen Chow au stade d'Ingmar Bergman hongkongais. Les uns risqueront d'en sortir quelque peu perplexes, les autres se délecteront de toute cette folie furieuse où les frontières entre inventivité et portnawak, entre comédie géniale et gros nanar qui fait rire jaune, se révèlent difficilement tangibles. Un grand moment de plaisir coupable, à savourer ne serait-ce que pour y voir un Tony Leung Chiu-Wai métamorphosé en homme-canard, numéro de clown que le comédien ne réitérera sans doute pas jusqu'à la fin de sa carrière.
déjanté, surréaliste, imbécile, fou et barje
le problème se situe au niveau des sous titres (anglais voire absents par intermittence) que je n'ai pas toujours compris; et même en comprenant apparemment il y a plein de gags que l'on ne peut comprendre qu'en connaissant la légende corespondante et en ayant une culture chinoise, mais pour ce que j'ai compris c'est bien barje et jouissif, du grand n'importe quoi avec toutes les stars hk (c'est la première fois que je voyais Tony LEUG chiu wai dans un rôle de ce type).
on pense à un mix de wu xia pan et les MONTY PYTHON, en tous cas c'est freestyle
Un film de dingue !
Le gratin des acteurs de HK vient faire des conneries sous la caméra du pote de Wong Kar Wai, et le tout dans une folie totalement jouissive, ça vole, ça saute, ça explose, Tony Leung Chiu-Wai avec un bec de canard combat des monstres sous la forme de poulet et de dinosaures entre autres joyeusetés. Totalement irracontable, ce film est un sommet de n'importe quoi où tout ce que vous n'aviez jamais imaginé peut arriver !
L'art du n'importe quoi...
Ce n'est pas nécessairement le plus barré des films du genre mais celui-ci à l'avantage de n'offrir aucun repos (les séquences se succèdent sans temps mort et l'escalade des idées nous place sans cesse dans le questionnement du "jusqu'où iront-ils?"), de présenter un casting de très grande qualité (même si aucun d'entre eux n'est évidemment pleinement utilisé ici)... le tout joliment enrobé d'une photo très colorée et d'une réalisation dynamique (bien que non dénuée de défauts).
Bref, un must pour les amateurs du non sens.
Le film est assez brouillon comme souvent chez Jeff LAU, mais comporte aussi sa folie à son paroxysme. Un divertissement réussit que l'on a toujours autant de plaisir à revoir. Un coeur pour le casting all star de l'époque.
c un veritable catastrophe
est ce utile de faire un film pour RENDRE les star hk ridicules?
ultra joussif
un must du genre en effet (et j'adore le genre il faut dire).
un pitit bémol ,qui ne touche en rien au film en lui même, la qualité des soustitres du dvd soit trop rapides soit carrément absents :-/